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Auvergne Rhône-Alpes :
une grande région de vins

La première trace écrite de l'existence de vignes sur notre territoire a déjà 2000 ans.

 Dans son Histoire naturelle, Pline l'Ancien évoque un cépage autochtone observé sur les terres aujourd'hui connues sous les appellations de Condrieu et Côte-Rôtie (69). Sur le plateau de Gergovie, les amphores trouvées par les archéologues montrent que le vin était sur les places commerçantes et les tables arvernes dès l'an 50 avant J.C. Entre le IIe et le Ve siècle, les travaux des historiens attestent d'un important négoce de vins transitant par le Rhône via Vienna et Lugdunum vers les clientèles du Nord. Les musées de la région, et les découvertes archéologiques récentes sur la commune de Saint-Laurent d'Agny (69), montrent la réalité d'une production locale et le goût des cités marchandes pour ces vins antiques.

Au Moyen-âge, l'Église romaine prend logiquement le relais des Romains.

La vigne est cultivée sur les territoires des diocèses, parfois à l'intérieur des cités épiscopales : Vienne, Lyon, Valence, Grenoble...

Les bouteilles ne sont pas toujours divines, mais suffisent à abreuver le culte, les croyants, les malades et les hôtes de passage. Dans le même mouvement, les abbayes sont aussi domaines viticoles.
En Auvergne, la vigne implantée dès l'époque gallo-romaine ne cesse de croître sous un climat clément, et monte jusqu'à 1000 m d'altitude !

Les ducs ont déjà compris que derrière les rangs de vigne, il y a le rang des princes.

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Qu'ils soient nobles ou ecclésiastes, les seigneurs de la terre seront longtemps ceux du vin.

Mais à partir du XIIe siècle, le négoce préfiguré par les marchands antiques se refait une santé, encouragé par le développement de la vigne sous l'impulsion des bourgeois et des paysans. Apprécié des rois, le vin d'Auvergne s'exporte en masse.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la croissance des vignobles suit celle de la population, celle des échanges et celle des villes.

En 1870, on compte 220 000 hectares entre Rhône-Alpes et Auvergne. L'économie viticole varie selon les territoires, préfigurant ce qu'elle est aujourd'hui : grands domaines nobles et capitaux de la bourgeoisie lyonnaise cohabitent dans le Beaujolais ; une viticulture paysanne de petits et moyens propriétaires domine du Bugey et de la Savoie jusqu'à la Drôme et l'Ardèche méridionale ; les villages vignerons s'épanouissent dans le Puy-de-Dôme et l'Allier ; en vallée du Rhône, des négociants entreprenants font briller des îlots d'excellence.
Les savoir-faire progressent, la qualité aussi, le travail des vignerons façonne peu à peu ces paysages que l'on connaît aujourd'hui.

Le début du XXe entrave quelque peu la marche en avant du vin de la grande région.

Comme alliés dans un terrible destin, la guerre et le phylloxera déciment les hommes et la vigne. C'est l'époque où la viticulture est moins rentable que d'autres cultures maraîchères ou fruitières, ou encore l'élevage. Certains terroirs ne devront leur renaissance qu'au courage et à la passion de quelques uns.
Et c'est grâce à la profession viticole que naissent les premières AOC de la région, entre fin 1936 et 1937 : Saint-Péray en Ardèche, l'Hermitage dans la Drôme, bien sûr les Beaujolais et Côtes-du-Rhône. Suivent la Savoie, le Bugey, les Coteaux-du-Lyonnais,
la Côte Roannaise, les Côtes du Forez, les Côtes du Vivarais, le Diois, le Saint-Pourçain, Grignan-les-Adhémar, les Côtes d'Auvergne, et les IGP départementaux, de Méditerranée, d'autres terroirs...
Tenaces et conquérants, les vignerons de la grande région tracent, parcelle après parcelle, une extraordinaire carte des vins qui compte aujourd'hui 63 terroirs de qualité, AOC, AOP et IGP.

Voici donc les vins d'Auvergne et de Rhône-Alpes entrés dans leur troisième millénaire...

au moins ! Ils sont rouges, blancs, rosés, tranquilles, effervescents. Ils sont corsés, fruités, sauvages, frais, délicats, élégants, nobles, généreux... Ils sont tanniques, rustiques, sucrés, vifs, doux... Ils sont tout ce que la vigne peut nous offrir, couleurs, goûts, saveurs et caractères, avec tout le savoir-faire des Drômois, Ardéchois, Ligériens, Rhodaniens, Isérois, Savoyards et Haut-Savoyards, Bugistes, Auvergnats...

Ils sont un Fascinant voyage parmi des paysages où le vignoble dessine un relief commun :

la pente des coteaux, ici toute douce, ici plus marquée, ici accentuée, ici vertigineuse... Des bords du Léman à la Chaîne des Puys, la vigne aime la pente, parce qu'elle y cueille le meilleur soleil pour se donner la meilleure maturité, parce qu'elle s'y accroche pour aller au plus profond des sols, chercher la fraîcheur... et le bonheur des dégustateurs !